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epuis quelques jours, et plus encore depuis un portrait paru dans le magazine « Society », on me demande à quelle sensibilité politique j’appartiens.

A la fois amusée – j’ai toujours eu du mal à rentrer dans des « cases » – et intéressée par la façon dont on me situe avec ma personnalité et mes idées dans le champ politique, je veux livrer ici le fruit de mon analyse.
D’abord un constat. Social-démocratie, social-libéralisme, gaullisme-social, cette tendance très française d’associer deux termes tendants à se compenser l’un et l’autre marque ce défaut daté à ne pas vouloir assumer ce que l’on est.
Tout compte fait, je suis libérale. Je vois déjà mes détracteurs qui se pourlèchent les babines en imaginant les caricatures faciles dont ils vont m’affubler. Mais c’est leur affaire et ils tomberont dans le panneau du nivellement de la politique par le bas et du refus du débat qui ne fait que faire progresser le populisme et les extrêmes.
Je suis libérale et voici ce en quoi je crois.
Je crois qu’un homme a le droit de dépenser ce qu’il gagne sans être spolié par l’Etat.
Je crois que les citoyens n’ont pas besoin des hommes politiques pour guider leur vie.
Je crois que ce n’est pas l’Etat ou les collectivités qui créent l’emploi mais les artisans, commerçants, TPE, PME, ETI.
Je crois qu’une société sans liberté est vouée à l’échec.
Je crois de la même façon qu’une société sans régulation de l’Etat est vouée à l’échec.
Je crois qu’il faut de la solidarité entre les individus pour qu’une nation prospère.
Je crois que la condition centrale de la construction d’une société est de placer l’humain au cœur, en tissant des liens entre eux et en favorisant la réussite de chacun.
Je ne suis pas humaniste en dépit de mon libéralisme ; je suis humaniste parce que je suis libérale !
De même je ne suis pas libertarienne car je ne crois pas à une société française qui voudrait privatiser tous ses services sous prétexte d’une prétendue concurrence. Je crois au service public ce qui ne doit pas l’empêcher d’être performant et compétitif et le courage consiste justement à le remettre en cause lorsqu’il ne l’est pas.
Je crois que la recherche absolue du consensus permanent n’est pas une méthode. Être politique consiste à prendre des décisions, quitte à fâcher certains.
Je crois que la France a besoin de vision, de constance dans l’action et de fermeté lorsque les circonstances l’exigent.

Autant le dire, nous sommes bien loin de ce que fait le gouvernement actuel, incarné par MM. Hollande et Valls. Lors de la primaire socialiste de 2011 et à choisir entre les deux, « j’étais plus Valls que Hollande ».
Mais nous sommes bien loin du discours des primaires. Manuel Valls que nous voyons aujourd’hui aux manettes a un discours qui confine à l’autoritarisme croyant compenser ainsi une action faible, notamment parce qu’il n’a pas de majorité au parlement pour une action politique moderne teintée de libéralisme et de protection sociale qui n’est donc pas mise en œuvre dans notre pays.
Les paroles n’ont pourtant pas manqué mais les actes sont absents.
En politique comme dans la vraie vie, on ne peut plus se contenter de paroles. Il faut des actes !

-VCa

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