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e me suis engagée en politique il y a trois ans aux côtés d’Alain Juppé.    D’abord à Bordeaux, convaincue que c’est dans l’engagement local que la politique trouve son sens, avant d’intégrer son équipe de campagne pour la primaire de la droite et du centre. Je suis donc une « juppeiste », loyale à mon mentor et fidèle à mes idées.

    Pendant deux ans, j’ai défendu avec force son projet pour la France, dont je retrouve désormais l’esprit, et pour l’essentiel la lettre, dans la plateforme proposée par les Républicains et l’UDI aux élections législatives. Ce projet, c’est d’abord celui d’un équilibre entre la libéralisation des entreprises – baisse de l’impôt sur les sociétés, transformation du CICE en baisse durable de charges, suppression de l’ISF pour inciter à l’investissement – et la préservation du pouvoir d’achat des ménages – pas de hausse de la TVA, ni de la CSG, baisse de 10% de l’impôt sur le revenu, hausse des petites retraites de 300€ par an, rétablissement de la défiscalisation des heures supplémentaires.

   C’est aussi un projet qui tient compte du caractère crucial de la protection et de la sécurité des Français : rétablissement des peines-plancher, fin des réductions automatiques de peine, construction des 16 000 places de prisons nécessaires à l’exécution des condamnations, mise en place de quotas d’immigration correspondant aux besoins de la France et à notre capacité à accueillir dignement… C’est cet équilibre qui m’a convaincue, que j’ai défendu et que je continuerai à défendre.

   Pour autant, faut-il le rappeler, personne dans nos rangs n’envisage de faire de l’obstruction systématique aux initiatives présidentielles ; personne dans nos rangs ne veut que ce quinquennat soit un quinquennat gâché après les cinq années que nous venons de vivre ; personne dans nos rangs ne souhaite que la droite s’enferme dans des positions caricaturales et dogmatiques. Mais signer un appel en ce sens, qui s’apparente davantage à une lettre d’allégeance qu’à une clarification de positionnement, ne fait que semer le trouble chez tous ceux qui se retrouvent dans notre projet pour la France. Pas d’appel avant le 18 juin ! L’espoir et le souffle nouveau qu’incarne le président Macron, avec lequel je me retrouve sur la rénovation de la vie publique et l’ouverture à la modernité et au progrès, ne doivent pas occulter l’exigence d’un projet à la hauteur des enjeux. Un projet qui devra être porté par des gens de convictions et de résultats, loin des opportunistes et des technocrates qui ont gangrené trop longtemps notre vie publique par esprit de cour ou par esprit de caste.

   Dans les prochaines semaines, je garderai donc ma ligne de conduite en soutenant partout en France nos candidats aux élections législatives. Il ne s’agit en rien, comme j’ai pu l’entendre, d’une volonté de revanche. Mais dans notre régime semi présidentiel et semi parlementaire, les Français ont l’opportunité de choisir aux législatives le projet qu’ils souhaitent voir mis en œuvre après une élection présidentielle où ils ont d’abord choisi un homme. Dès lors, si la nomination d’Edouard Philippe se résume à un débauchage personnel sans conséquence sur la ligne du gouvernement, je dis non. Si en juin, les législatives permettent de mener une politique audacieuse de réformes, avec l’appui d’une Assemblée nouvellement élue et du président de la République, je dis oui !
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