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ous sommes confrontés à une perte de crédibilité de la politique, à une méfiance de plus en plus pernicieuse des citoyens envers le discours politique, quel qu’il soit. Cette défiance procède d’une perte de repères : pour nombre de nos concitoyens, la relation entre le dire et le faire semble s’être distendue de manière insupportable, et l’action publique et ses résultats apparaissent difficilement.

 

Or je suis intimement persuadée que cet exercice de reddition de comptes participe d’une nouvelle façon de faire de la politique. Rendre des comptes est une exigence qui ne doit pas se limiter à un bilan hâtivement conçu à l’approche d’une élection : c’est un processus continu, au fondement de la légitimité politique. Susciter régulièrement le débat sur les résultats d’une politique permet ainsi non seulement de créer les conditions de la plus large intégration citoyenne et démocratique possible, mais permet également d’améliorer l’action publique, d’en affiner la direction et d’en éprouver la pertinence.

 

Quel est le but de la politique ? C’est avant tout pour moi de faire, d’inventer et de mettre en œuvre des solutions pour améliorer la vie, c’est-à-dire donner la capacité à chacun de vivre son projet dans un collectif apaisé et créateur de liens. C’est à l’aune de cet objectif que nous devons évaluer  nos actions. Plus spécifiquement bien entendu, le bilan que je vous présente aujourd’hui a pour objet mon action à la ville de Bordeaux, où Alain Juppé m’a confié la délégation de l’économie, de l’emploi et de la croissance durable, ainsi qu’à la Métropole, où j’ai été élue en décembre 2015 vice- présidente chargée des sites majeurs d’attractivité économique.

 

Je tiens à saluer l’engagement des conseillers municipaux de la Ville de Bordeaux, le travail collectif avec les élus, les maires et les vice-présidents de la Métropole, ainsi que la collaboration des services de la Métropole, puisqu’aujourd’hui, l’ensemble de la direction économique de la Ville a été mutualisé avec les services métropolitains dirigés par Hugues de Maleissye-Melun, Emmanuelle Ripert-Chollet demeurant le référent de la Ville.

 

Accompagner la croissance démographique par la croissance de l’emploi : mon objectif est très clair : pour absorber la hausse de population qui fera de Bordeaux une métropole millionnaire à l’horizon 2030, nous devons créer 100 000 emplois, soit environ 7 000 par an, ce qui représente un doublement du taux actuel de création d’emplois. Si cet objectif peut paraître ambitieux au premier abord, il est tout à fait à la portée de l’économie bordelaise, qui possède des richesses et un dynamisme exceptionnels : le rôle du politique, tel que je le conçois, est précisément de libérer ces potentialités pour accompagner la création de richesses et la prospérité du territoire.

 

Voilà donc quel sera mon critère fondamental pour juger des politiques publiques placées  sous ma responsabilité : l’emploi. Pour chaque action, pour chaque projet entrepris, nous nous demanderons quel sera le retour en termes d’emploi, et si ce résultat escompté correspond à l’effort  de la collectivité. Je serai par ailleurs attentive à balancer cet objectif avec les principes qui fondent notre identité bordelaise et notre attractivité : au premier chef, la qualité de vivre-ensemble garantie par notre modèle de croissance durable.

 

Renforcer les liens entre l’aménagement et le développement économique : aucun projet d’aménagement n’a de sens s’il n’est pas accompagné par la dimension économique. C’est pourquoi la direction de l’Aménagement de la Métropole est intégrée à la direction générale de la Valorisation du territoire portée par Hugues de Maleissye. C’est également tout le sens de l’Opération d’Intérêt National Bordeaux Euratlantique, dont j’ai récemment été élue Présidente.

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