Par Laurent Lataste, journaliste à France 3 Aquitaine

V

irginie Calmels tente de balayer d’un revers de main toute spéculation sur son avenir politique. « Aujourd’hui je ne suis candidate à rien ! ».

Pourtant, le 8 février dernier, Alain Juppé, maire de Bordeaux annonçait lors d’une réunion d’adjoints qu’il en faisait sa dauphine mais également sa candidate sur la deuxième circonscription de la Gironde. Deux candidatures peu compatibles avec la nouvelle loi sur le cumul des mandats. Le cumul appartient au passé, sauf si l’éventuel successeur de François Hollande souhaite faire modifier cette loi. Mais la probabilité est faible. Alors annoncer Virginie Calmels à la mairie de Bordeaux et aux législatives peut laisser dubitatif. La nouvelle loi est très claire. A partir de 2017, tout parlementaire élu doit abandonner ses fonctions dans un exécutif local. Le libre choix appliqué jusqu’à présent est révolu. Le député ou le sénateur est obligé de conserver son mandat au Parlement.

L’application de cette règle aurait pour Virginie Calmels des conséquences non négligeables. En effet, si Alain Juppé est élu Président de la République en mai 2017, Virginie Calmels devrait logiquement lui succéder, quinze jours après sa démission, soit quelques semaines avant les législatives. Mais candidate à la députation, si elle remportait la circonscription, elle devrait abandonner son mandat de maire pour se consacrer au Palais Bourbon. Un sérieux dilemme pour la succession.

Tout ça pour ça !

Mais Virginie Calmels précise : « si je suis maire, je ne briguerais pas la députation ». Difficile en effet de l’imaginer dire adieu au Palais Rohan quelques semaines après en avoir pris les rênes avec ses nouveaux adjoints élus en même temps qu’elle (1). Cela ferait trois maires de Bordeaux en quelques semaines. Du jamais vu ! Et l’adjointe au maire de Bordeaux de rajouter : « mon destin personnel est lié à court terme à celui d’Alain Juppé ». Si Alain Juppé échoue à la primaire ou à l’élection présidentielle, elle pourrait continuer sa route vers le Palais Bourbon, si celle-ci ne lui est pas barrée par la titulaire du poste, la socialiste Michèle Delaunay. Mais rien ne l’empêcherait également d’être candidate aux législatives et de jeter l’éponge, si Alain Juppé est élu Président de la République, pour lui succéder à la mairie.

Tout reste ouvert pour trouver un candidat sur la deuxième circonscription dans l’hypothèse où Virginie Calmels succèderait à Alain Juppé. Selon nos informations, elle aurait approché, ce qu’elle dément, certains élus bordelais, avec pour objectif de trouver celui ou celle qui pourrait reconquérir le fauteuil perdu en 2007 par Alain Juppé.

Virginie Calmels a donc aujourd’hui plusieurs fers au feu. Si son avenir dépend de celui d’Alain Juppé, celui d’autres élus dépend du sien, notamment pour les législatives.

(1) Au terme des dispositions prévues par l’article L.2122-10 alinéa 3 du CGCT, « quand il y a lieu, pour quelque cause que ce soit, à une nouvelle élection du Maire, il est procédé à une nouvelle élection des adjoints ainsi que des délégués de la commune au sein d’organismes extérieurs ».

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