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L

a défaite d’Alain Juppé à la primaire de la droite et du centre fait une victime collatérale à Bordeaux: Virginie Calmels. Celle qu’il a désignée comme sa dauphine à la tête de la mairie devra patienter trois ans de plus que prévu. A moins que…

Un cataclysme s’est abattu sur la mairie de Bordeaux. Alors que la désignation d’Alain Juppé comme candidat de la droite et du centre à la présidentielle était considérée comme acquise il y a un mois, c’est François Fillon qui vient de remporter le scrutin. Les électeurs ont rebattu les cartes… et fait s’effondrer les jolis scénarios envisagés par les proches du maire de Bordeaux : à lui l’Elysée, à Virginie Calmels la mairie de Bordeaux. Désormais, un épais brouillard recouvre tout.

Comment Alain Juppé va rebondir ?

La première question est de savoir comment Alain Juppé va rebondir à Bordeaux. Dimanche 27 novembre au soir, alors qu’il reconnaissait sa défaite, il déclarait : « Je vais me consacrer pleinement à mon travail de maire de Bordeaux qui m’a donné et qui me donne tant de joie. » Son meilleur ennemi en Gironde, le socialiste Mathieu Rouveyre, lui conseille de prendre du recul : « Pendant plusieurs mois, Alain Juppé s’est projeté dans l’après. Il avait déjà anticipé les choses en désignant sa dauphine et certains membres de son entourage se voyaient déjà à l’Élysée. Les finances de la Ville étant exsangues, il sait que sa fin de mandat ne sera pas une sinécure. Et si la tentation de Venise, c’était pour maintenant ? »

Virginie Calmels députée ?

Se pose également la question de l’avenir de Virginie Calmels, adjointe en charge de l’économie à la mairie de Bordeaux. Celle-ci pouvait espérer prendre les clés de la mairie en mai prochain. Il lui faut désormais patienter près de quatre ans… Très long pour celle qui a toujours menée sa vie de patronne, puis d’élue, tambour battant. Rares sont ceux qui l’imaginent patienter aussi longtemps dans son rôle de numéro deux à Bordeaux et d’opposante au conseil régional. D’autant plus qu’en 2020, c’est à la métropole que la plupart des décisions se prendront. Et que quand bien même la droite serait toujours majoritaire, plusieurs élus LR s’estiment plus légitimes que Virginie Calmels pour présider l’institution.

Maire ?

Mais le calendrier pourrait s’accélérer si Alain Juppé cédait sa place en cours de mandat, à la manière d’un Antoine Rufenacht offrant son siège de maire du Havre à Edouard Philippe quatre ans avant l’échéance prévue. Virginie Calmels pourrait aussi se présenter aux législatives dans la deuxième circonscription de Bordeaux. Mais là aussi les écueils sont nombreux : la socialiste Michèle Delaunay ne sera pas une adversaire facile à battre, et les élus municipaux Fabien Robert (Modem) et Jean-Louis David (LR) ont témoigné leur intérêt.

Ministre de Fillon ?

Une dernière option est également à envisager : l’entrée de Virginie Calmels au gouvernement, si François Fillon était élu président de la République. Interrogée par le journal Sud Ouest sur une telle possibilité, celle qui partage sa vie avec Jérôme Chartier, porte-parole de François Fillon, n’a pas fermé la porte…

http://www.lejournaldesentreprises.com/regionale/Aquitaine/la-defaite-d-alain-juppe-a-la-primaire-de-la-droite-rebat-les-cartes-a-bordeaux-25-11-2016-309088.php

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