Pascal Rabiller pour La Tribune Bordeaux 

A

u 1er trimestre 2018, Bordeaux comptera, en entrée de ville et au cœur du quartier Bordeaux-Euratlantique, un immeuble tertiaire original. Culminant à 30 m, il s’agira du plus haut immeuble français de bureaux à ossature bois… local.

C’est une première, au moins à Bordeaux. Les élus locaux, en l’occurrence Virginie Calmels, première adjointe d’Alain Juppé, maire de Bordeaux et président de Bordeaux Métropole, et un promoteur, Patrice Pichet, PDG du groupe Pichet, n’ont pas posé de première pierre pour officialiser le lancement d’un chantier immobilier.

Non, ce matin ils ont « chevillé » deux poutres en bois. Il faut dire que cette fois, c’est une construction originale, voire unique en France, qui était lancée. Dans deux ans, à la place du terrain nu situé quai de Brienne, au cœur de l’Opération d’intérêt national Bordeaux Euratlantique et au pied du futur pont Jean-Jacques Bosc, un immeuble de bureaux en bois, le plus élevé de France puisqu’il culminera à 30 m, constituera la nouvelle perspective d’entrée de ville de la capitale régionale.

« Perspective », c’est précisément le nom de ce programme qui hébergera 4.600 m2 de bureaux et terrasses sur sept étages.

Perspective, vitrine de la filière bois construction ?

Conçu par l’architecte Nicolas Laisné (Agence Laisné-Rousset), « Perspective » mettra le bois en vedette dans la structure, l’habillage du bâtiment (le bardage sera réalisé en pin maritime pré-vieilli, jusque dans les aménagements intérieurs.

« Nous avons souhaité mettre les utilisateurs dans une ambiance chaleureuse. Le bois est un des meilleurs moyens pour y parvenir », explique Nicolas Laisné.

Un bois essentiellement local, de l’épicéa et du pin, qui met en avant la filière bois construction du massif des Landes de Gascogne.

Ce bâtiment passif, certifié NF HQE (norme française) et BREEAM (norme anglo-saxonne), devrait permettre à son promoteur constructeur, le Groupe Pichet (siège à Pessac en Gironde. 1.000 salariés en France, 6 directions régionales, 500 M€ de volume d’activité annuel, 504 M€ de capital social), pour qui cet exercice sera une première, d’en faire une vitrine technologique dont il espère des retombées en France et à l’international.

Il faudra pour cela attendre début 2018 pour faire visiter cet immeuble qui jouxtera un autre programme immobilier de 80 logements qui rencontre un grand succès commercial selon le groupe Pichet puisque 14 appartements seulement restent encore à commercialiser. Baptisé Résiden’Ciel, cet immeuble de logements de standing allant du T1 au T5 sera livré un peu plus tôt, lors du 4e trimestre 2017. Sa structure sera, elle, métallique même si son architecture a également été confiée au cabinet Laisné-Roussel, qui a choisi de mettre en avant un parti-pris contemporain pour cet immeuble.

Une forêt d’immeubles bois sur Euratlantique ?

Reste que pour Bordeaux Euratlantique, la construction bois fait partie intégrante de cette opération d’intérêt national et que ces programmes signés Pichet lui permettent de rester dans les « clous » de ses objectifs.

L’Etablissement public d’aménagement a en effet pour objectif de favoriser la construction de 25.000 m2 par an de bâtiments à ossature bois, toutes programmations confondus. C’est dans cet optique d’ailleurs que mi-mars, l’équipe lauréate pour la construction d’un immeuble d’habitation à ossature bois sera connue.
Cet immeuble s’élèvera cette fois à 50 m, ce qui en fera le plus haut d’Europe avec cette technique constructive. Bref, c’est le début d’une vraie forêt d’immeubles qui est en train de pousser à Bordeaux…

 

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