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djointe au maire de Bordeaux en charge de l’économie, de l’emploi et de la croissance durable, vice-présidente de Bordeaux Métropole, Virginie Calmels était la dauphine désignée d’Alain Juppé en cas de victoire à la présidentielle. Comment se positionne-t-elle après la défaite de son mentor en politique à la primaire de la droite et du centre ? Va-t-elle se lancer dans la bataille des législatives ? C’est ce que nous lui avons demandé.

La Tribune : La victoire de François Fillon à la primaire de la droite et du centre rebat les cartes concernant la situation politique à Bordeaux avec des incertitudes concernant les choix que vous allez faire alors qu’Alain Juppé avait fait de vous sa dauphine pour la mairie…

Virginie Calmels : « Moi j’y vois très clair, j’ai été élue en 2014 avec Alain Juppé, j’ai un périmètre que tout le monde connaît et qui me correspond : l’économie. Le fait qu’Alain Juppé n’ait pas été élu est dommage pour la France, mais c’est bien pour Bordeaux. Je continuerai dans mes engagements à Bordeaux et Bordeaux Métropole, c’est pour cela que j’ai été élue. C’est un périmètre qui me va bien. Je n’ai jamais dit : « Si je ne suis pas maire en 2016, je pars ». Quand je m’engage je vais jusqu’au bout. Bordeaux est ma ville de cœur, la ville dans laquelle j’ai grandi, je m’y sens bien, mon père est enterré ici. »

Vous avez été pré-investie pour les prochaines élections législatives dans la 2e circonscription de la Gironde, dont Michèle Delaunay (PS) est actuellement la députée. Si vous étiez élue, cela vous obligerait à abandonner vos mandats exécutifs locaux. Allez-vous renoncer ?

« Je répondrai en temps et en heure. »

Vous n’avez pas pris votre décision ?

« J’ai été élue à Bordeaux, j’irai jusqu’au bout. »

Si le parti vous demande d’y aller ?

« J’ai donné la réponse 20 vingt fois, personne ne veut l’entendre. L’échelon municipal, c’est celui qui est le plus proche de l’entreprise. Et dans l’immédiat, mon objectif, c’est de gagner la présidentielle. »

Quel va être votre rôle désormais dans la campagne ?

« Le temps que j’ai consacré à la campagne de la primaire en marge du travail que je fais à Bordeaux et Bordeaux Métropole, je vais désormais le consacrer à François Fillon. J’ai passé du temps sur le projet économique du programme d’Alain Juppé, pour lequel j’ai également assuré une présence médiatique. Je suis une femme politique, différente, globalement ils pensent que j’ai peut-être une capacité pour ça. »

Vous avez en effet intégré hier le comité politique des Républicains, vous êtes la seule de l’entourage d’Alain Juppé…

« C’est un honneur. Alain Juppé et François Fillon ont décidé tous les deux que ce serait moi qui représenterais le courant juppéiste. Quand j’ai commencé en politique, je n’avais pas ma carte du parti, donc c’est une fierté, je le prends comme une marque de confiance et de reconnaissance. J’ai reçu beaucoup de messages sur le mode « Il est rare de passer d’un monde à l’autre avec autant de facilité et de réussite ». Beaucoup de ceux qui ont mon parcours ne s’investissent pas autant en politique, et parfois la greffe ne prend pas. Et quand je fais, je fais bien, et à fond. Donc je continue. »

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