Marion Mourgue pour LE FIGARO 

L

e candidat de la droite a dévoilé mardi l’organigramme de LR. Bernard Accoyer en est le numéro deux.

Au 238, rue de Vaugirard, au siège des Républicains, en apparence rien n’a changé. Les photos de l’ancien président du parti, Nicolas Sarkozy, sont toujours accrochées au mur. Le bureau du président par intérim Laurent Wauquiez est resté dans le même état: quelques photos de famille, des clichés avec Nicolas Sarkozy, François Fillon, Alain Juppé… Et pour éviter les chutes, un casque de vélo ; toujours utile, en cette période de remaniement du parti.

Au lendemain de sa large victoire à la primaire, Fillon a voulu imposer son autorité et imprimer sa marque sur le nouvel organigramme des Républicains, comme l’y autorisent les statuts. Après vingt-quatre heures de consultations, l’ex-premier ministre a décidé de supprimer le poste de président des LR… La direction lui revenant de fait.

Loyauté totale

Pour autant, François Fillon garde Laurent Wauquiez en le nommant premier vice-président. Mais il encadre celui-ci de nombreux fillonistes. Comme Isabelle Le Callenec nommée deuxième vice-présidente. Ceux qui ne l’avaient pas encore compris vont en être pour leurs frais. Le patron, c’est Fillon. Et c’est ce qu’il réaffirme au travers de la nouvelle organisation du parti.

Mardi, lors du bureau politique, Wauquiez a d’ailleurs eu cette phrase: «La culture de la droite, c’est quand il y a un chef: on le suit. Tu n’as aucun doute à avoir sur la loyauté totale du parti.» Et le nouveau premier vice-président de trouver «normal» que Fillon «fasse entrer des personnalités qui ont fait la campagne» avec lui. «L’organisation que tu proposes permet le rassemblement et la continuité en me confiant la responsabilité de vice-président. Ainsi réorganisée, tu as une famille rassemblée et efficace. Tu pourras compter sur un parti qui est à nouveau en ordre de marche.» Il semble donc que Laurent Wauquiez soit satisfait de la réorganisation: «La culture de la droite, c’est quand il y a un chef : on le suit. Tu n’as aucun doute à avoir sur la loyauté totale du parti»

Si François Fillon a voulu rassembler, il n’a pas non plus oublié de placer ses proches à des postes clés. Il a ainsi nommé un soutien historique au poste de secrétaire général, chargé d’exécuter les décisions du bureau politique et du comité politique: Bernard Accoyer, ancien président de l’Assemblée nationale. Celui-ci remplace Éric Woerth qui devrait prendre de nouvelles responsabilités dans la campagne présidentielle, sur le programme. Accoyer sera assisté de deux adjoints: le sarkozyste Gérald Darmanin et la filloniste Annie Genevard. Le poste de directeur général des Républicains revient au très fidèle Patrick Stefanini, cheville ouvrière de la campagne de François Fillon pour la primaire. Entre Gérard Larcher (et son bras droit Patrick Dray), Bruno Retailleau, Bernard Accoyer, Patrick Stefanini, François Fillon s’est donc entouré d’une équipe soudée, qui a l’habitude de travailler ensemble et avec lui.

L’homme fort de la droite crée un comité politique composé de nombreuses personnalités, piloté par Gérard Larcher – un soutien de la première heure – et qui se réunira tous les quinze jours. Celui-ci sera assisté notamment de Bruno Retailleau, soutien de l’ex-premier ministre pendant la campagne et président du groupe LR au Sénat, et de Christian Jacob, président du groupe LR à l’Assemblée nationale.

Le retour de Jean-François Copé

L’organigramme est assurément marqué du sceau du rassemblement. Ainsi, Jean-François Copé, que personne ne pensait voir entrer dans ce comité, après la guerre qui l’avait opposé à François Fillon en 2012, fait son grand retour dans les instances dirigeantes du parti. Le vainqueur de la primaire tend la main à d’autres perdants du scrutin. Outre Jean-François Copé, Nathalie Kosciusko-Morizet et Jean-Frédéric Poisson, ex-candidats à la primaire, intègrent le comité politique. «NKM a toujours dit qu’elle se rangerait derrière le gagnant, c’est ce qu’elle fait avec loyauté», explique un membre de son entourage. Virginie Calmels, soutien d’Alain Juppé pendant la primaire, et François Baroin, de l’équipe de Nicolas Sarkozy pendant la campagne, auront ainsi leur place rue de Vaugirard. Thierry Solère, longtemps soutien de Bruno Le Maire, mais aussi artisan de l’organisation de la primaire, est aussi récompensé.

Enfin Fillon a aussi modifié la composition de la commission nationale des investitures (CNI), une structure hautement politique alors que près de 80 circonscriptions restent à pourvoir dans le cadre des élections législatives. Le sarkozyste Christian Estrosi est remplacé par le filloniste Jean-François Lamour, assisté de deux adjoints, les sarkozystes Roger Karoutchi et Olivier Marleix, expert de la carte électorale. Après les fillonistes, les soutiens de Nicolas Sarkozy sont assurément les mieux récompensés.

Quant aux autres postes, ils ne changent pas, a indiqué Fillon lors du bureau politique. Ainsi le trésorier Daniel Fasquelle ou le porte-parole, Guillaume Peltier, sont maintenus dans leurs fonctions.

Le parti est désormais remanié. Fillon va poursuivre ses consultations, avant notamment la présentation de l’organigramme de campagne, la semaine prochaine. Il va aussi s’atteler à la question des élections législatives. Ce mercredi, il doit d’ailleurs rencontrer le président de l’UDI, Jean-Christophe Lagarde.

 

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