Par Catherine Debray

D

ans une interview à « Sud Ouest », la première adjointe d’Alain Juppé à la mairie de Bordeaux précise son positionnement politique national et local. Elle annonce le retour des Libéraux à droite.

Dans un long entretien, Virginie Calmels, la première adjointe d’Alain Juppé précise son avenir bordelais et sa ligne politique.

Sud Ouest. Si Laurent Wauquiez est élu président des Républicains, serez-vous numéro 2 et quelle sera votre mission?

Virginie Calmels Ce que nous voulons l’un et l’autre, c’est réunir toutes les familles de droite. les libéraux, les gaullistes sociaux et la droite traditionnelle. La droite n’a pas eu de candidat au second tour de la présidentielle, cela a été un séisme, il n’y a pas d’autre alternative si on veut que la droite existe à nouveau et soit une vraie force d’opposition. Juppé lui même a dit qu’il veut rester dans sa famille politique, la droite, et fixé sa ligne rouge : pas d’accord avec le FN. Je partage totalement. Laurent Wauquiez a lui aussi cette ligne en tête. S’il est élu, je serai donc amenée à travailler à ses côtés comme vice-présidente. Nous allons préciser dans les semaines qui viennent mes missions. Historiquement le vice-président est en charge du projet.

Les centristes et laïcs de chez Juppé disent que vous partagez la sensibilité catholique traditionnelle de Sens Commun ?

Pas du tout.  Sens commun se positionne sur des questions qui, pour moi, relèvent de la responsabilité individuelle. C’est le seul domaine dans lequel je donne raison à Macron. Pour moi, ces questions ne sont ni de gauche, ni de droite : la liberté de croire, l’inclinaison sexuelle, la vie familiale, c’est la liberté de l’individu. J’ai des amis homosexuels que j’ai mariés ; le mariage pour tous ne me gêne pas ; le bonheur des uns ne crée pas le malheur des autres. Je suis même pour l’adoption pour tous, hétérosexuel ou homosexuel, je crois à cette acte d’amour qui est de pouvoir adopter un enfant ; une démarche qui est aujourd’hui un parcours du combattant. En revanche je suis contre la GPA et la PMA. Ce positionnement sur tous ces thèmes me rapproche beaucoup des jeunes de droite pour qui toutes ces questions ne font plus débat, je représente pour eux une droite moderne.

En vous rapprochant de Wauquiez, flirtez-vous avec les identitaires ?

Je ne sais pas ce que cela veut dire. Parlons de l’immigration et de l’islam. A droite aujourd’hui, on est tous d’accord sur les quotas d’immigration, sur le durcissement du regroupement familial, l’aménagement de l’aide médicale d’Etat et l’interdiction des prêches en arabe dans les mosquées. Si LR ne joue pas uni, si les trois droites historiques ne parviennent pas à travailler ensemble… Alors après le PS, Macron aura aussi réussi à exploser la droite. Voilà pourquoi envers et contre tout je prône l’union.

En quoi êtes-vous encore juppéiste ?

Je suis fidèle et loyale à l’homme que j’informe de mes choix et à ses trois livres programmatiques de la primaire. Son programme économique était libéral. Je suis un peu plus libérale que lui sur l’économie collaborative à laquelle je crois. En lançant mon mouvement DroitLib’ en pleine présidentielle, j’ai voulu fédérer les libéraux et maintenir dans la famille de droite les jeunes qui avaient rejoint Bruno Le Maire attirés par une soif de renouveau et qui auraient pu le suivre chez Macron. Aujourd’hui DroitLib’, c’est 8 000 à 10 000 adhérents. Nous allons prendre des initiatives dans les semaines qui viennent.

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