par FRANK NIEDERCORN

L’

équipementier télécoms organise un concours destiné aux start-up françaises. A la clef, un voyage à Shenzen, le coeur de l’industrie chinoise.

« Et le gagnant est… » L’ambiance était high-tech et festive lundi soir à la mairie de Bordeaux pour la remise des prix du Digital IN-Pulse en présence d’Alain Juppé et de Virginie Calmels, son adjointe à l’économie. Un concours, organisé pour la troisième année consécutive, par Huawei en partenariat avec le Comité Richelieu, le réseau French Tech, bpifrance et Business France qui récompense des start-up tricolores. Des cérémonies similaires s’était déroulées à Lyon et Lille en mai dernier et une dernière doit se tenir à Nice la semaine prochaine. A la clef dans chaque ville, trois prix allant jusqu’à 50.000 euros. Les quatre premiers se voyant surtout offrir un voyage en Chine passant par Shenzen, devenue une capitale de la high-tech mondiale où Huawei a installé son campus, puis Shanghai et Pékin.

L’opération marque l’intérêt de l’équipementier chinois pour la France qui constitue pour lui le deuxième marché européen derrière l’Allemagne et devant la Grande-Bretagne. Si l’équipementier chinois est présent depuis 2004, il ambitionne désormais d’être considéré comme un acteur « domestique ». Et ce au prix d’une offensive de charme lancée en 2014 avec la visite du fondateur du groupe venu présenter à Manuel Valls un plan d’investissement de 1,5 milliard d’euros sur cinq ans, avec un doublement des effectifs portés à 1.200 dont 200 chercheurs dans quatre centres de recherche.

Des projets matures

Digital IN-Pulse qui a déjà permis de récompenser 17 jeunes entreprises comme Feetme, Sentryo, Dataiku, Lima ou Seclud, constitue un des volets de cette politique. « Il ne s’agit pas d’un projet commercial mais citoyen », insiste Isabelle Leung, la directrice de la communication de Huawei en France. Pour la troisième édition, il s’agissait dans chaque ville de passer au crible une dizaine de jeunes entreprises : intérêt du modèle économique, qualité du dirigeant, caractère innovant et capacité à l’internationalisation. « Pour départager les meilleurs, nous avons aussi tenu compte de la maturité des projets et de l’intérêt que constituait pour eux la perspective d’un voyage en Chine », reconnaît Nicolas Corouge, vice-président du Comité Richelieu.

L’enjeu pour Huawei étant de faire découvrir aux jeunes pousses françaises la richesse de l’écosystème de Shenzen. Pour les jeunes pousses, l’intérêt étant de gagner en visibilité. « C’est important, car si les français sont connus en Chine, notamment grâce à la présence de grands groupes industriels, l’écosystème français lié à l’innovation est lui peu visible », analyse Ethan Pierse, qui dirige le fonds de Hong Kong Nest Venture Capital, également membre de jury.

L’un des lauréats de l’an dernier, Prizm, qui conçoit un lecteur audio intelligent, a eu l’occasion d’entrer en contact avec des partenaires industriels chinois. Tout en gardant des liens avec le mathématicien Cédric Villani, président du jury. « Le coeur de notre technologie ce sont des algorithmes d’analyse contextuelle et il a de très bonnes idées autour de ça », se réjouit Pierre Gochgarian, le fondateur de Prizm.
LES LAUREATS BORDELAIS DE DIGITAL IN-PULSE

1er prix : GreenMe mesure la qualité des conditions de travail. Installé à quelque 200 exemplaires chez EDF, Vinci ou BNP Paribas, GreenMe mesure la qualité de l’environnement de travail : température, hygrométrie, bruit, qualité de l’éclairage et de l’air… Créée en 2012 à Aire-sur-l’Adour par deux ingénieurs, Alexandre Dugarry et Aïda Berrada, l’entreprise est en phase de levée de fonds.

2e prix : OnCrawl aide les sites à être mieux référencés par Google. Etre mieux repéré par les moteurs de recherche. C’est la raison d’être du logiciel OnCrawl, mis au point par la société Cogniteev, fondée par François Goube, également à l’origine du moteur de recherche d’emploi Jobijoba : « Nous analysons le contenu des sites et apportons des conseils pour améliorer le référencement naturel. »

3e prix : Qucit fait parler les données urbaines. Qucit s’était fait un nom en 2014 en aidant Keolis à améliorer son service de vélos en libre-service à Bordeaux. L’ambition de Qucit s’étend désormais au-delà du seul secteur des transports. « Grâce à l’analyse des données, nous construisons des modèles prédictifs qui permettent d’optimiser les investissements », explique Raphaël Cherrier, le fondateur.

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