Par Jean-Jacques Allevi

V

irginie Calmels est chargée de l’économie depuis 2014. Voici les résultats qu’elle a obtenus.

Le conseil des entrepreneurs est devenu opérationnel

Elle le martèle: il faut « rapprocher les mondes économique et politique ». Dans ce domaine, Virginie Calmels joint le geste à la parole. Depuis 2014, elle a réussi à faire défiler une incroyable brochette de PDG: Xavier Niel (Free), Philippe Bourguignon (ex-Euro Disney) ou encore Carlo d’Asaro Biondo (Google Europe)… Une fois par trimestre, en présence d’Alain Juppé, un dirigeant d’envergure vient s’exprimer « totalement gracieusement » devant une trentaine de patrons locaux groupés au sein du conseil des entrepreneurs créé par l’adjointe à l’économie.

A l’unisson, Pierre Goguet, président de la CCI, et Jean-François Clédel, patron départemental du Medef, saluent « une expérience très enrichissante ». Un autre participant est moins enthousiaste: « Ça ressemble un peu aux conversations à la machine à café. Ce n’est pas toujours très intéressant ».

Si les élus sont tous conviés à assister à la manifestation, qui comporte également une conférence ouverte au grand public, certains ne montrent pas beaucoup d’entrain. Les adjoints Jean-Louis David (LR) et Fabien Robert (MoDem) n’y ont ainsi jamais mis les pieds. « Ça n’est pas lié à moi, mais aux agendas », veut croire Virginie Calmels. L’élue (PS) Emmanuelle Ajon a une autre explication: « C’est un outil de com’ qui n’est d’aucune utilité au tissu économique. » Ce que conteste Vincent Prêtet, président de 33entrepreneurs. « Cela permet aux talents locaux de se forger des contacts », se félicite ce jeune dirigeant de start-up, qui a ainsi pu rencontrer en tête à tête le « boss de Google ».

Une information erronée dans la presse… jamais démentie

Ah, la presse… Virginie Calmels le jure: elle n’a jamais prétendu attirer à Bordeaux de sièges sociaux de grands groupes. Tout serait parti de « l’interprétation d’un journaliste » qui aurait publié en 2014 une information erronée… que l’adjointe n’a jamais démentie. « J’ai eu tort et, depuis, je ne cesse de dire que je n’ai pas dit ça… » Quoi qu’il en soit, l’annonce est toujours très commentée. « C’était de l’esbroufe! », ironise l’opposant PS Matthieu Rouveyre. « Où sont les résultats? », prolonge l’élu FN Jacques Colombier.

L’implantation de grands groupes, un vain espoir?

Le monde économique lui-même se dit sceptique. « Cela me paraît extrêmement difficile de convaincre un groupe de transférer son siège à Bordeaux, car la ville n’est pas encore une métropole d’envergure européenne », estime Pierre Goguet. « Elle s’est un peu avancée. Il y a très peu de chances que des entreprises de renommée mondiale s’installent ici », ajoute Alain Cougrand.

« En revanche, elle peut réussir à attirer des sociétés de la nouvelle économie », poursuit le président de Bordeaux Gironde Investissements (BGI). « Nous sommes en discussion sur l’arrivée de plusieurs centaines, voire milliers, d’emplois dans les trois ans », affirme néanmoins l’élue, qui précise, au risque de maintenir un peu de confusion: « Je n’abandonne pas l’idée de voir un ou deux sièges sociaux venir finalement à Bordeaux. »

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