Par Jean-Jacques Allevi (photo: Thomas Sanson) 

A

uréolée de son imposant CV, Virginie Calmels n’a eu aucun mal à séduire les instances économiques locales.

Son parcours fulgurant à la tête d’entreprises renommées (Numericable, Canal+ ou Endemol) – où elle n’a pas hésité à tailler dans les effectifs – les a impressionnés. Tout autant que son carnet d’adresses aux allures de Bottin du monde des affaires où voisinent Philippe Bourguignon, Didier Lombard et Xavier Niel. Les cercles patronaux qu’Alain Juppé lui-même a mis plusieurs mandats à amadouer, ont immédiatement été séduits par Virginie Calmels.

Au sein des instances économiques les éloges sont unanimes. Il est vrai que l’adjointe a pris soin de les rencontrer dès son arrivée à Bordeaux et qu’elle tutoie aujourd’hui tous ses dirigeants.

« C’est une source de fierté de voir quelqu’un comme elle s’investir en politique », souligne Pierre Goguet, président de la CCI. « Elle a les mêmes codes de fonctionnement que nous, la même capacité de décider et de trancher », poursuit Jean-François Clédel, président départemental du Medef. « Elle connaît nos difficultés », ajoute Yves Petitjean, président de la chambre de métiers. « Sa volonté d’appliquer au secteur public des pratiques entrepreneuriales plaît », analyse Alain Cougrand, directeur de Bordeaux Gironde Investissements.

Remises de trophées, conférences… l’ex-patronne est partout

Dans l’univers des start-up, l’adjointe, également chargée du label French Tech, est même encensée. « Elle a une compréhension générationnelle des sujets liés au numérique », salue Vincent Prêtet, président de 33entrepreneurs. Un sentiment que confirme Jean-François Laplume. Pourtant classé à gauche, le directeur d’AEC, l’agence de développement numérique de la région, lance: 

C’est la première fois qu’une élue appréhende si bien les enjeux de la nouvelle économie!


Jean-François Clédel, président départemental du Medef.

 

Depuis son arrivée, en 2014, Virginie Calmels laboure consciencieusement le terrain. « Les adjoints qui l’ont précédée étaient trop éloignés de nous », estime Jean-François Clédel. Remises de trophées, conférences, soirées des réseaux… l’ex-patronne manque rarement un rendez-vous.

« Elle est partout », constate Odile Candessanche, présidente du Centre des jeunes dirigeants. Ses propos, toujours frappés du sceau du libéralisme, font mouche. Ainsi, il y a un an, les quelque 600 jeunes dirigeants réunis à Bordeaux pour leur conférence plénière ont interrompu à plusieurs reprises son discours… par des tonnerres d’applaudissements.

Virginie Calmels compte néanmoins quelques détracteurs. « Elle est trop centrée sur les entrepreneurs haut de gamme », déplore un petit patron. Il y a aussi ces PDG patrimoniaux qui lui reprochent d’usurper son titre de chef d’entreprise: « Elle n’a jamais mis en péril ses biens propres et sa vie pour monter une boîte. » C’est désormais chose faite, depuis qu’en 2013 elle a créé à Bordeaux Shower Company, une entreprise de conseil en investissements média.

Surtout, certains supportent mal cette « femme d’autorité » qui leur fait parfois la leçon. « Il arrive que ça clashe avec ceux qui ne partagent pas ses avis », raconte Jean-François Clédel, qui a été témoin de quelques échanges vifs. Derrière la nouvelle élue, l’ancienne dirigeante n’est jamais bien loin.

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