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a droite est encore groggy quelques mois après sa double défaite électorale. Il y a un an, tout le monde déclarait « imperdables » la présidentielle et les législatives. Aujourd’hui, la droite compte moins de 100 députés. Depuis, le piège Macron semble s’être refermé sur elle : la droite est KO, sans cap, et sans doute ses anciens leaders portent une part de responsabilité dans cet échec.

Si elle veut retrouver un avenir, la droite doit se réinventer et changer complètement de paradigme. Certes, Laurent Wauquiez n’est pas libéral ; il l’admet d’ailleurs bien volontiers. Mais en proposant à Virginie Calmels d’être sa vice-présidente, il a compris l’importance cruciale de redonner aux idées libérales toute leur place. Ce sentiment n’a été que renforcé par les Universités de la Liberté organisées par DroiteLib’, le Parti Libéral Démocrate et Ecologie Bleue : lors de son intervention, Laurent Wauquiez a rappelé que la droite se devait de marcher sur deux jambes : conservatisme et libéralisme. Par ces mots, Laurent Wauquiez nous prouve que, plus que jamais, les libéraux ont une réelle chance de contribuer à la renaissance de la droite.

La droite doit remettre l’individu et la société civile au cœur de son projet, et repenser le périmètre de l’Etat en le recentrant sur ses missions régaliennes

Ce changement de paradigme est d’autant plus nécessaire qu’Emmanuel Macron est parvenu à séduire un électorat de droite bienveillant à son égard. Les modestes réformes de ce social-démocrate issu du parti socialiste plaisent d’autant plus que le bilan de la droite au pouvoir est décevant.

Projet disruptif. La droite ne pourra pas renaître dans l’opposition systématique et doit ainsi concentrer ses efforts sur la construction d’un projet disruptif et courageux. Baisser les impôts, c’est bien. Refondre le pacte social entre les citoyens et l’Etat, c’est mieux. La droite doit remettre l’individu et la société civile au cœur de son projet, et repenser le périmètre de l’Etat en le recentrant sur ses missions régaliennes. Fini l’Etat infantilisant, l’Etat spoliateur, l’Etat harceleur des initiatives privées. Place à l’innovation, à la valorisation du mérite et de la performance, à la promotion d’une écologie positive ; à la concurrence dans les services publics pour offrir le meilleur aux Comment ?

L’Etat doit revenir au service des citoyens dans la transparence. Il ne peut plus être un amas bureaucratique de monopoles ruineux au service d’eux-mêmes. A l’ère du Big Data, toutes les collectivités et administrations ont le devoir de publier en ligne leur budget détaillé de fonctionnement. Les parlementaires ne devraient pas pouvoir conserver leur statut de fonctionnaire afin d’être réellement indépendants des administrations dont ils sont censés surveiller la qualité du travail et dont ils votent le budget chaque année. Ces mesures simples, accompagnées d’une réduction radicale du mille-feuille administratif, où trop de collectivités se mêlent de tout, restaureraient la crédibilité des dirigeants politiques aux yeux des Français.

Chaque Français naît avec 80 000 euros de dettes sur le dos : faire peser sur nos enfants un impôt futur aussi massif sans leur consentement constitue un grave déni démocratique

Mais ne perdons pas de vue l’essentiel. Après 44 années de déficits ininterrompus que l’explosion de la pression fiscale n’a pas suffi à endiguer, chaque Français naît avec 80 000 euros de dettes sur le dos : 32 000 euros au titre de la dette « apparente » de 100 % du PIB, et 48 000 euros au titre des engagements non financés de l’Etat, soit 150 % du PIB selon la Cour des Comptes. Faire peser sur nos enfants un impôt futur aussi massif sans leur consentement constitue un grave déni démocratique. Que feront nos technocrates, lorsque les taux d’intérêt remonteront ? L’Etat français n’aura d’autre choix que de décréter un moratoire sur la dette, ponctionner l’assurance vie et suspendre les remboursements auprès d’investisseurs étrangers pour éviter la banqueroute.

Seuls les libéraux auront le courage nécessaire de réformer l’Etat et d’enrayer la spirale de la dépense publique pour revenir à une gestion véritablement saine de nos finances. Dire l’inverse aux Français et leur faire croire que l’on pourra sortir de l’impasse sans repenser le périmètre de l’Etat, c’est leur mentir. Comment imaginer qu’en exonérant 80 % des ménages de la taxe d’habitation, ils voteront de manière responsable des dépenses locales qu’ils n’auront plus à financer ? L’impôt doit toucher tous les citoyens sans exception afin de sensibiliser chacun d’entre eux à la dépense. A commencer par l’impôt sur le revenu sous la forme d’une « flat tax » transparente et juste, qui contrairement à l’impôt progressif, ne pénaliserait pas le courage et le mérite.

Bombe. Les enjeux n’ont pas changé depuis la présidentielle. Emmanuel Macron ne s’est pas attaqué à la bombe de la dette qui met toujours en péril l’avenir des générations futures. Notre modèle social a toujours besoin d’être refondé et nos libertés restaurées pour remettre la France à sa juste place dans le concert des Nations. Au-delà des mots et de la gesticulation, les enjeux environnementaux ne sont toujours pas pris en compte avec clairvoyance et bon sens. Nous devons cesser la distribution de tranquillisants atténuant la « préférence nationale pour le chômage » pour enfin libérer l’activité. L’élection du président des Républicains nous offre une chance de fixer le cap sur les libertés pour la droite de demain.

Pour toutes ces raisons, les 10 et 17 décembre, nous soutiendrons la candidature de notre allié Laurent Wauquiez à l’élection de la présidence des Républicains et, dès le lendemain, nous relèverons nos manches pour construire ensemble un projet libéral pour la France.

Virginie Calmels est présidente de DroiteLib’, Aurélien Véron est président du Parti Libéral Démocrate et Pierre-Gilles Tronconi est président d’Ecologie Bleue.

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