Interview par Bruno Jeudy, Photo GEORGES GOBET / AFP 

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djointe d’Alain Juppé à Bordeaux et fondatrice de «DroiteLib», Virginie Calmels qualifie Emmanuel Macron de «fils spirituel» de François Hollande. Elle appelle ceux qui à droite critiquent François Fillon «à mettre de côté ses petites rancoeurs».

Adjointe d’Alain Juppé à Bordeaux et fondatrice de «DroiteLib», Virginie Calmels qualifie Emmanuel Macron de «fils spirituel» de François Hollande. Elle appelle ceux qui à droite critiquent François Fillon «à mettre de côté ses petites rancoeurs».

Paris Match. François Fillon contraint d’appeler les dirigeants de son parti à la «discipline», ça fait désordre?
Virginie Calmels. Non. Notre secrétaire général Bernard Accoyer, comme tous les autres orateurs, a eu raison de rappeler les règles de l’unité dans la famille. Je comprends la déception et les petites rancœurs mais il faut les mettre de côté. Le pays est dans une situation telle que face à notre responsabilité d’offrir une vraie alternative, ces petites rancœurs pèsent de toute façon bien peu.

Laurent Wauquiez, qui réclame le rétablissement des heures sups défiscalisées, ou Christian Estrosi, qui demande plus de social, font fausse route?
François Fillon l’a dit : nous ne sommes plus en 2007. L’idée n’est plus de contourner la suppression des 35 heures mais de l’assumer en laissant la liberté aux entreprises et la possibilité de négocier elle même leur temps de travail. Quant à ce qu’a dit Christian Estrosi, il a raison, la dimension sociale est centrale mais j’observe qu’elle est omniprésente dans le projet de Francois Fillon, comme elle l’était d’ailleurs dans le projet d’Alain Juppé et j’estime que c’est à nous d’en faire la pédagogie.

Comment va Alain Juppé?
Il a pris des vacances et il est revenu en grande forme. Il va prendre néanmoins de la distance avec la politique nationale tout en soutenant sans ambiguïté François Fillon.

Le phénomène Macron vous inquiète-t-il?
Le discours peut apparaître séduisant parce qu’il est démagogue. Macron est une imposture. Et c’est parce qu’il est une imposture qu’il n’est pas un danger, à nous d’éviter que les Français ne se laissent berner. Les masques commencent à tomber. Son «ni droite, ni gauche» a tenu deux semaines. La démonstration est faite : Macron est un candidat de gauche. Il est d’ailleurs déjà soutenu par les éléphants socialistes : Ségolène Royal, Jean-Marc Ayrault et bientôt François Hollande, dont il est le fils spirituel. Macron, c’est l’homme qui a murmuré à l’oreille de François Hollande. C’est lui qui lui a conseillé sa piètre politique économique, comme il est l’auteur du matraquage fiscal subi par les Français depuis 2012. Il renoue avec toutes les lunes socialistes quand il va à Berlin se féliciter de la politique d’accueil des migrants.

Il séduit des centristes et même des soutiens d’Alain Juppé.
Certains ont voulu faire croire que le programme de Macron se rapprochait de celui de Juppé. Ils n’avaient pas dû bien le lire. Un gouffre les sépare.

« Macron enfile les poncifs »

Macron est-il le candidat du «hors-système»?
Encore une imposture! C’est l’incarnation même du système et il doit assumer qui il est : énarque, haut-fonctionnaire, conseiller élyséen et banquier chez Rothschild. Et je ne vois pas l’ombre de son passage dans l’entreprise réelle alors qu’il le laisse entendre. Le profil de François Fillon est bien différent. Certes, il a une longue carrière politique mais il n’est pas énarque et s’appuie pour son projet sur la société civile. Pour le reste, Macron enfile les poncifs quand Fillon assume le courage de la vérité.

Marine Le Pen séduit davantage les couches populaires que Jean-Luc Mélenchon.
Elle présente délibérément un programme démagogique et populiste destiné à séduire la gauche de la gauche. Quant au vrai combat des couches populaires, comme vous dites, c’est l’accès à l’emploi et seul le programme de Fillon y répond.

La droite a du mal à tourner la page du cumul des mandats…
François Fillon l’avait dit, comme Alain Juppé, pendant sa campagne. La mise en œuvre n’est pas facile. J’observe que la gauche a voté la loi mais ses élus ne l’appliquent toujours pas.

Idem pour la parité?
C’est un mauvais procès fait à la droite. La place faite aux femmes pour les législatives augmente de 40% pour la droite. C’est le sens de l’histoire. Je salue l’effort.

Avez-vous regardé les débats de la primaire de gauche?
Oui et je suis surprise et même amusée de voir ces candidats, Macron compris, qui font tout pour faire oublier leur désastreux bilan depuis leur prise de pouvoir en 2012.

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