Par Virginie Le Guay

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ntre Alain et Virginie, le ciel de bordeaux est à nouveau sans nuages. Intarissable Virginie Calmels ! Intarissable et visiblement soulagée de cette mise au point voulue par « Alain Juppé lui-même ». L’invitation à déjeuner du maire de Bordeaux jeudi 7 septembre est en effet venue à point nommé pour couper court aux rumeurs de mésentente persistante entre l’ancien Premier ministre de Jacques Chirac et sa première adjointe municipale.

Voilà des mois que des proches d’Alain Juppé répétaient que la confiance entre ce dernier et l’ancienne dirigeante du groupe Endemol était rompue. Décrite comme une « arriviste » et une « ingrate », critiquée pour avoir rejoint l’équipe Fillon après la défaite de son mentor, puis rallié Laurent Wauquiez avec lequel elle fait aujourd’hui équipe en vue de l’élection à la présidence de LR, Virginie Calmels n’avait plus la cote chez les juppéistes. Ce qui a mis le feu aux poudres, c’est un écho dans « Le Canard enchaîné » du 6 septembre, qui faisait dire à Alain Juppé : « Virginie […] n’a pas de principes. […] Pour moi, c’est une grosse déception. Si vous avez un parquet en bon état, ne l’invitez pas chez vous. »

Un déjeuner à Bordeaux

Excédé, Juppé twitte : « Stupeur […]. Comment peut-on affabuler à ce point ! Qu’on me foute donc la paix ! » Une verdeur de langage inhabituelle pour le maire de Bordeaux. Un déjeuner est organisé pour le lendemain, au cours duquel Calmels a redit sa « loyauté » et son « attachement » au maire de Bordeaux. « Soutenir Laurent Wauquiez, ce n’est pas trahir Juppé. J’ai rallié François Fillon au même titre que Gilles Boyer, qui est devenu son trésorier, ou Benoist Apparu, un des porte-parole de la campagne présidentielle. » Plus prudente au sujet de son avenir à Bordeaux, elle n’exclut pas que Juppé veuille faire un « dernier mandat municipal ». Du coup, elle envisage de reprendre son travail à temps complet en 2020. « Pour l’instant, je me partage entre Bordeaux et Paris, entre la politique et ma vie professionnelle, entre mes enfants et mon compagnon (l’ex-filloniste Jérôme Chartier). Qui sait de quoi demain sera fait?» s’interroge cette quadragénaire volontaire, dont le langage cash dénote dans un monde politique plus habitué à la langue de bois et aux coups bas.

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