Par Virginie Le Guay

A 46 ans, la première adjointe au maire de Bordeaux forme un ticket détonant avec Laurent Wauquiez pour la présidence des Républicains.

A

mbition: C’est une qualité aux yeux de cette quadra volontaire qui, après un parcours express dans le privé (Numericable, Canal+, Endemol), a rejoint en 2014 Alain Juppé à l’occasion des municipales de Bordeaux. Après la victoire, Virginie Calmels deviendra première adjointe chargée de l’économie, de l’emploi et de la croissance durable. L’année suivante, elle décroche la vice-présidence de Bordeaux Métropole. En 2015, elle est investie tête de liste LR-MoDem-UDI dans la région Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes et battue par Alain Rousset (PS). Lorsque la primaire se profile, elle intègre l’équipe d’Alain Juppé avec qui elle est « 100 % en phase ».

Le concept de l’« identité heureuse » défendu pendant la campagne lui a, en revanche, toujours paru décalé. Après le second tour de la primaire, elle se range derrière François Fillon. Elle vit « très mal » la campagne qui suit, qu’elle juge « traumatisante et d’une violence inouïe ». Aujourd’hui, elle fait tandem avec Laurent Wauquiez, candidat à la présidence des Républicains. A la clé, le poste de vice-présidente. Une trajectoire fulgurante qui suscite critiques aigres et jalousies du milieu politique.

Pouvoir: Elle l’aime et ne s’en cache pas. Cette « libérale pragmatique » ne s’embarrasse pas d’états d’âme. Après vingt ans d’une carrière dans le privé vécue à 100 km/h, elle n’entend pas ralentir le rythme. Peu importent les obstacles, seule compte le parcours. Quitte à trancher dans le vif. La réduction drastique du nombre de fonctionnaires lui paraît une mesure indispensable et le chiffre de 500 000 avancé par François Fillon ne lui semblait pas démesuré : « On ne parle que des emplois qui disparaissent, jamais de ceux qu’on sauve », affirme cette coriace qui a mené deux plans sociaux à Canal+ et Numericable au nom de « l’efficacité et la compétitivité de l’entreprise ».

Dette publique: Deux mots qui la font hurler. De ce point de vue-là, l’intervention d’Emmanuel Macron dimanche dernier sur TF1 l’a laissée sur sa faim. « Nous avons 2 200 milliards d’euros de dette. Dans l’économie réelle, ce serait le dépôt de bilan immédiat. J’attendais que le président de la République nous explique comment il allait s’employer à réduire la dépense publique. Il n’en a pas dit un mot ! Allons-nous continuer à dépenser toujours plus sans nous soucier des conséquences ? Nous vivons sur un volcan. »

Fidélité: Quoi qu’en disent les juppéistes historiques, elle estime n’avoir « jamais été déloyale » vis-à-vis d’Alain Juppé avec lequel elle a déjeuné en tête-à-tête, il y a quelques semaines, et qu’elle voit toutes les semaines à Bordeaux dans le cadre de son mandat municipal. Mieux encore, elle soutient qu’elle a rallié Laurent Wauquiez avec son assentiment. « Je dois mon engagement politique au maire de Bordeaux et je ne l’oublierai jamais. Lui comme moi pensons qu’il faut une droite unie, droite dans ses bottes, campée dans l’opposition, sûre sur ses convictions. Une droite qui ne se réduise ni à Sens commun ni aux constructifs. Halte au feu. Arrêtons les divisions. Nos militants ne cessent de nous le réclamer. »

Ligne rouge: Totalement raccord avec Laurent Wauquiez, l’actuel favori pour l’élection des 10 et 17 décembre, sur les questions régaliennes et économiques, elle avoue se sentir moins à l’aise avec ce dernier sur les sujets sociétaux. « Je n’ai rien caché à Laurent de mes quelques divergences. Il les connaît. Il y a une ligne rouge que je ne franchirai jamais comme, par exemple, un rapprochement avec le FN. Je suis également contre la PMA et la GPA. En revanche, ouvrir l’adoption à tous me paraît nécessaire. »

Amour: Cette mère de deux adolescents, Fitzgerald et Pénélope, fruits de son mariage avec François-David Cravenne, a vécu quelques années avec Christian Blanc, l’ex-P-DG d’Air France passé brièvement par la politique. Aujourd’hui, elle partage l’existence de Jérôme Chartier, un très proche de François Fillon. Restée plus ou moins secrète pendant la campagne de la primaire (ils appartenaient chacun à une écurie différente !), cette idylle prospère malgré un emploi du temps serré qui oblige Virginie Calmels à se partager entre Paris et Bordeaux.

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