Virginie Calmels a défendu sa politique de soutien à l’entreprenariat local, hier, au conseil municipal.

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armi les délibérations à l’ordre du jour lundi, celle de Virginie Calmels portant sur des subventions à des associations d’entreprenariat a été largement débattue. Lundi après-midi, parmi les délibérations au menu du conseil municipal, celle de Virginie Calmels. Elle portait sur l’attribution de subventions à différents organismes et associations locales visant à « développer l’entreprise » et à « valoriser le métier d’entrepreneur ». Un texte largement débattu par les élus. La première adjointe a fait voter plusieurs aides financières dont celles au Club des entreprises de Bordeaux (47 000 euros), à l’association 60 000 Rebonds (1 800 euros), à la Jeune Chambre économique de Bordeaux (3 300 euros), à Bordeaux Entrepreneurs (21 600 euros), à La Ronde des quartiers (115 000 euros) et à la Maison de l’initiative et de l’entreprenariat (12 000 euros). Quels critères d’attribution ? L’élu socialiste Nicolas Guenro s’est interrogé sur les critères d’attribution de ces subventions. De même que l’écologiste Pierre Hurmic : « Il n’y a pas de critères d’aides aux entreprises sur notre territoire. Je n’ai pas compris pourquoi vous en aidez certaines et pas d’autres ? Ça va de 3,5 % du budget de certaines entreprises jusqu’à 37 % pour d’autres. Et si on regarde les sommes, on en arrive à des extravagances. Quels sont vos critères de sélection ? ». « Ce n’est pas à la tête du client » La réponse de Virginie Calmels n’a pas tardé : « On n’attribue pas les aides à la tête du client. Nous avons des critères tangibles selon le poids que représentent ces entreprises. Quoi de plus normal que de soutenir le Club des entreprises regroupant plus de 270 sociétés et représentant 22 000 salariés ? On considère que soutenir le plus gros club est un critère assez objectif ». De son côté, le socialiste Matthieu Rouveyre a profité de cette délibération sur des « entreprises » pour la raccrocher à l’actualité locale. À savoir, l’appel aux dons lancé par la Ville afin de rénover le pont de pierre en mauvais état. « Cette requête que vous faites aux particuliers mais aussi aux entreprises est à la limite de l’indécence pour les Bordelais qui paient déjà des impôts. Pour le mécénat, je peux comprendre le financement d’une statue… Mais pas le financement privé d’une infrastructure publique. Car les élus prennent le risque de devenir des obligés de ces sociétés privées. » Réponse sur le pont de pierre Le maire Alain Juppé, lui, a répondu que le mécénat était encadré par la loi Aillagon, et par une charte éthique pilotée dans l’agglomération par un comité ad hoc : « Le développement du mécénat répond à un double objectif. Il s’agit pour la collectivité d’alléger les dépenses et pour l’entreprise de bénéficier de déductions fiscales. Et d’associer les Bordelais à cette démarche patrimoniale, qui sera encadrée pour éviter tout conflit d’intérêt. Même sans le mécénat, les travaux seront financés quoi qu’il arrive ». Michèle Delaunay attaque L’opposante PS Emmanuelle Ajon en a rajouté une couche dans la critique. Elle s’est dite favorable au mécénat à condition « qu’on lui donne du sens dans le cadre d’une politique générale ». « Pour le pont de pierre, nous n’en avons aucune », a-t-elle déploré. Au sujet de l’aide financière de plus de 100 000 euros accordée par la mairie à l’association La Ronde des quartiers, la députée sortante PS Michèle Delaunay a souligné des « incohérences » avec les nouveaux projets immobiliers qui ne facilitent pas la vie des commerçants, en prenant l’exemple d’un boulanger qui ne peut pas s’agrandir car il est cerné de constructions. Virginie Calmels lui rétorque alors : « Je me demande ce que vous attendez de nous. Si un commerce s’agrandit, nous ne pouvons pas pousser les murs ». L’éclairage des vitrines en ville Puis, la députée de la deuxième circonscription a défendu la situation compliquée des garagistes en ville, en raison des difficultés pour circuler et se garer. « Vous voulez peut-être qu’on réserve des places de stationnement aux garagistes ? Mais vous avez une conception de la ville qui est absolument paléolithique madame », s’est moqué le maire. Enfin, l’écologiste Delphine Jamet a pointé du doigt l’éclairage des vitrines. « C’est très bien d’attribuer des aides mais il faudrait davantage sensibiliser les commerçants à éteindre l’éclairage la nuit ». Michèle Delaunay a tiré une dernière salve en proposant une charte pour harmoniser certaines vitrines en ville. « C’est cela, nous allons faire une charte pour la qualité des vitrines ! Comme disait Pompidou, ‘‘Cessez d’emmerder les Français !’’ », lui a répondu un Alain Juppé, visiblement très en forme

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