Les femmes de l’économie 

L

e monde de l’entreprise et l’univers politique n’ont plus aucun secret pour elle. Véritable modèle d’exemplarité pour les femmes, Virginie Calmels a accepté de devenir la Marraine des Trophées « les Femmes de l’économie » édition Grand Sud-Ouest 2016.

  • Pourriez-vous retracer les grandes étapes de votre carrière ?

Je suis diplômée de l’ESC Toulouse ainsi que de l’INSEAD Business School, où j’ai suivi l’Advanced Management Programme. J’ai commencé ma carrière dans l’audit, sur des missions de commissariat aux comptes au sein du cabinet Salustro Reydel, pendant 5 ans. En parallèle j’ai passé mon Diplôme d’Etudes Supérieure Comptable et Finances, puis le diplôme d’expert-comptable, validé par trois ans de cabinet et la soutenance d’un mémoire sur les provisions pour démantèlement des installations nucléaires.

En 1998, j’ai été débauchée par un de mes clients, NC NUMERICABLE. J’ai donc rejoint le Groupe Canal +, où j’y ai passé 5 années en tant que directrice financière de NC NUMERICABLE, puis directrice financière de l’international et du développement du Groupe Canal, directrice financière de Canal + SA, puis directeur général adjoint et enfin co-directeur général délégué de la chaîne Canal+.

J’ai également connu un petit intermède à Amsterdam en tant que Directrice Administrative et Financière au sein de la start up Sky Gate BV, spécialisée dans les hautes technologies satellitaires.

En 2003 j’ai rejoint le Groupe Endemol France en tant que directrice générale puis comme présidente directrice générale. J’ai ensuite été promue directrice générale du Groupe Endemol Monde, en conservant la fonction de présidente d’Endemol France. J’en ai démissionné en janvier 2013 pour devenir entrepreneur.

A la même période, j’ai été promue présidente du conseil de surveillance d’Euro Disney.

Enfin, Alain Juppé m’a proposé de rejoindre son équipe municipale à Bordeaux, engagement qui m’a conduit à stopper mon projet de LBO faute de temps.

  • Issue du monde économique, quel a été l’élément déclencheur de votre engagement en politique ?

Les élections présidentielles de 2012, les discours stigmatisant et l’état économique de la France m’ont donné envie de m’investir pour mon pays. Il se trouve qu’Alain Juppé m’a fait cette proposition. Bordelaise d’origine, l’engagement en politique répondait à un souhait ancien de servir l’intérêt général, j’avais ça en moi depuis longtemps. C’était donc le bon timing et en plus, à Bordeaux, ma ville de cœur. L’opportunité était assez incroyable ! J’ai donc choisi de démarrer ma carrière politique dans la ville de mes racines et aux côtés d’Alain Juppé, qui est un homme d’Etat pour lequel j’ai beaucoup de respect et d’admiration.

  •  En confrontant le monde de l’entreprise et l’univers de la politique, dans quel milieu selon vous, est-il le plus compliqué de se faire une place en tant que femme ?

Quel que soit le milieu, il faut se battre, il faut du courage, du travail et une bonne organisation, mais ce sont des qualités inhérentes aux femmes. Après, j’ai découvert dans l’univers de la politique des comportements assez machos auxquels je n’avais jamais vraiment été confrontée dans le monde de l’entreprise. Il y a de véritables différences entre ces deux mondes. En entreprise, et notamment dans les groupes internationaux, que l’on soit un homme ou une femme, ce sont les résultats qui prévalent. En politique, en tant que femme, on sent qu’il faut s’imposer davantage et même parfois avoir le sentiment de devoir justifier sa présence. C’est un environnement où votre image ne vous appartient plus et une femme donne encore plus de prise à tout un tas de critiques, notamment des critiques physiques, vestimentaires ou de formes. On ne retrouve pas ces aspects là en entreprise.

  • Vous avez une grande expérience des conseils d’administration, quelle vision portez-vous sur la loi Copé-Zimmermann ?

Au départ, j’étais plutôt réticente au sujet de la loi Copé-Zimmermann, je craignais un procès en illégitimité et la reproduction d’une endogamie qui était déjà décriée. Globalement, je n’ai jamais été fan des quotas, mais force est de constater que cette loi a permis de renouveler non seulement la composition, mais également les méthodes de travail de bon nombre de conseils d’administration.

Les femmes arrivent en conseil d’administration en ayant en général longuement travaillé leur dossier. Je pense que cette démarche de féminisation a tiré vers le haut le fonctionnement des conseils d’administration, grâce à de nouveaux regards et de nouvelles approches..

Cependant, la loi Copé-Zimmermann ne résout pas tous les problèmes. Le problème du plafond de verre et surtout l’inégalité salariale entre les hommes et les femmes, sont des problèmes majeurs. Il y a encore trop peu de femmes à la tête de grands groupes, au sein du CAC40 notamment. Il y a encore une grande marge de progression, mais la loi Copé-Zimmermann a eu un premier mérite, celui de porter le débat et de faire prendre conscience aux hommes que l’on était très en retard.

  •  Avec vos nombreux succès professionnels, quelles valeurs vous paraissent essentielles pour réussir lorsque l’on est une femme ?

Tout d’abord le courage, c’est une valeur à laquelle j’attache beaucoup d’importance et ce n’est pas toujours la qualité la plus partagée. Ensuite, la confiance. La confiance en soi d’abord, c’est un vrai défi pour les femmes de réaliser que oui, elles sont légitimes et compétentes ! Elles l’ont prouvé, les femmes ont toutes les qualités requises. Et la confiance qu’elles génèrent en délivrant avec professionnalisme. Beaucoup d’hommes reconnaissent combien il est plaisant de travailler avec des femmes ! Enfin, beaucoup d’organisation, car toutes les femmes ont plusieurs vies à gérer en parallèle. Etre une femme, c’est être une mère, une épouse, gérer une vie de famille et savoir jongler avec tous ces différents rôles.

  •  En tant que marraine de l’édition Grand-Sud-Ouest 2016 des Trophées des Femmes de l’économie, vous êtes un vrai modèle d’exemplarité pour nos candidates. Quel message souhaiteriez-vous leur transmettre ?

Je souhaite leur adresser un message d’optimisme et de confiance en l’avenir. Il y a beaucoup d’opportunités, les choses bougent. Les start-up commencent à fourmiller de femmes entrepreneures pleines de beaux projets. Il faut oser se lancer, passer à l’action. Il faut également bien s’entourer, multiplier les réseaux, les femmes doivent s’entraider et se motiver entres elles, participer à des débats, des tables rondes, des forums. L’énergie collective aide beaucoup et elle est nécessaire pour aller de l’avant !

 

 

http://www.femmes-economie.com/grand-sud-ouest/virginie-calmels-dame-de-faire-marraine-de-choc/

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